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Mon jardin d'Aïn-El-Turck
Dans mon jardin d'Aïn-El-Turck
Il y avait un citronnier
qui faisait des fruits si gros,
Qu'on croyait voir des pomelos.
Dans mon jardin d'Aïn-El-Turck
Il y avait des orangers
Dont les fruits étaient si doux,
Qu' les enfants en raffolaient.
Dans mon jardin d'Aïn-El-Turck
Il y avait des fleurs, de toutes les couleurs,
Que maman adorait,
Et que j'aurais effeuillées une à une pour ne pas les arroser.
Dans mon jardin d'Aïn-El-Turck
Il y avait de beaux radis
Si tendre, que papa les dégustait
Après les avoir salés. C'était des radis beurre !
Dans mon jardin d'Aïn-El-Turck
Il ne reste rien aujourd'hui
Qu'un p'tit tronc de citronnier cagneux
Coiffé d'un bol rachitique, implorant miséricorde
Et un figuier ratatiné,
Que même les chardonnerets ne viennent plus survoler.
Lucienne Aniorté
..........La fleur des champs
Elle pousse sauvage à la vue des regards,
Elle ne s'en cache pas, et libre, elle prolifère.
Ses feuilles en dentelle imposent leurs contours.
Et dansent en demoiselles, sous le vent musicien.
Fleurs vêtue de couleurs, comme une femme heureuse,
Elle honnit les contraintes et ne se cueille pas.
Tropicale corolle dans un jardin d'hiver,
Elle prend les nuances que lui cède l'amour.
Sous le ciel d'été, elle s'épanouit,
Et si son ciel tout bleu s'assombrit de nuages,
En occultant Phébus, la bienfaisante pluie
Inonde les coteaux, lui rendant ses attraits.
Ardente comme la vie, elle ne craint les saisons,
Et sous les climats, elle réclame attentions.
Enluminant les champs de ses milles nuances,
Elle donne à la vie une autre dimension.
Douce et précieuse fleur, harmonie de couleurs,
Dans cette vie rythmée entre peines et joies,
Si nos pensées se perdent, petite fleur des champs,
Toi, tu restes fidèle, car tu es l'amitié.
René Aniorté
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