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Santa Cruz 2007 - Photos Belkheir
Le 14 octobre, Oran se réveille dans la torpeur : l'épidémie, à la faveur de l'atmosphère surchauffée, a éclaté d'une façon foudroyante dans tous les coins de la ville. La mort emporte en quelques jours des familles entières.
Du 14 au 31 octobre, 1172 victimes sont dénombrées.
On songea sérieusement à se tourner du côté du Ciel. Dans une réunion où l'on délibérait de nouveau sur l'affreuse situation, le général Pélissier, avec sa rondeur restée proverbiale, s'adressant à l'abbé Suchet, Vicaire général d'Alger : "Et alors Monsieur l'abbé ? Vous dormez ? Ne sauriez-vous plus votre métier ?" lui dit-il brusquement.
"Le choléra ?... Nous n'y pouvons rien, ni vous, ni moi, ni personne. Vous me demandez les moyens de l'arrêter ? Je ne suis pas curé, et pourtant c'est moi, Pélissier, qui vous le dis : faites des processions...". Puis se tournant vers la montagne de Santa Cruz : "Foutez donc une vierge là-haut et elle se chargera de jeter le choléra à la mer".
Le dimanche 4 novembre, partant de l'église Saint Louis, une procession solennelle, à laquelle assistaient toutes les autorités civiles et militaires, se déroulait lentement à travers les rues de la ville, escortant la statue de marie et faisant monter vers le ciel ce cri de douleur et s'espoir : "Parce, Domine, parce populo tuo". Après avoir parcouru les quartiers de la Marine et ceux de la haute ville, elle franchit le ravin Raz-el-Aïn, sortit des remparts par la porte du Santon et monta jusqu'au plateau qui s'étend presque à mi-hauteur de la montagne.
C'est encore le général Pélissier qui s'énerve. Cette fois contre les ronds de cuir du génie militaire d'Algérie, qui refusent de céder une parcelle de terrain de l'armée : la pointe du rocher situé entre le fort Saint-Grégoire et celui de Santa Cruz. Là, la chapelle et la statue de la Vierge, prévues pour perpétuer le souvenir du "Miracle de la pluie" du 4 novembre 1849, domineraient pourtant tout Oran et seraient vues de tous ses quartiers. Un autre emplacement est proposé par les militaires, mais la commission créée pour la réalisation du Sanctuaire le refuse car moins spectaculaire, moins prestigieux. Alors le Général Pélissier, désespérant de convaincre ses supérieurs du cru, les court-circule et obtient finalement des autorités militaires parisiennes le maintien du projet initial : par décision du ministre de la Guerre en date du 20 janvier 1850, une parcelle de 560 m² est cédée et affectée au culte catholique.
Fin avril 1850, la chapelle est sortie de terre. L'inauguration du Sanctuaire, pourtant encore inachevé, a lieu le 9 mai, jour de l'Ascension. L'Ascension déjà!
Hélas! Réalisé un peu à la hâte, ce sanctuaire s'écroulera le 8 mars 1851. Mais il sera reconstruit et fêté dès le mois de mai suivant pour l'Ascension. Encore l'Ascension! En 1873 et 1874, une grande tour, surmontée d'une statue géante de la Vierge, viendra compléter le nouvel édifice. De ce sommet, Notre Dame du Salut, devenue Notre Dame de Santa Cruz, veillera et protégera les Oranais qui l'honoreront de réguliers pèlerinages. Ils Lui feront même, en 1949, parcourir toute l'Oranie pour fêter le centenaire du "Miracle de la pluie".
Mgr Bertand Lacaste - Mgr Jean Cadilhac - Mgr Robert Wattebled
Dernier pélerinage à Santa Cruz
avant 1962






























